Êtes-vous intéressé par la myrmécophilie ? Comme beaucoup de personnes partageant cet intérêt, vous pourrez être tenté par la récupération par vous-même de vos fourmis dans la nature. Vous ne devrez cependant pas décider de vous y lancer sans tenir compte des informations suivantes.

La nécessité de savoir comment une colonie se développe

Il est important de comprendre le mécanisme à la base du développement d’une colonie avant de sauter le pas pour récupérer soi-même ses fourmis dans leur milieu naturel. Dans chaque colonie déjà développée, il existe des fourmis ailées. Celles-ci quittent la colonie pour un vol nuptial au moment de l’essaimage. Pendant ce vol, chaque fourmi essaiera de déceler une autre de l’autre genre pour la reproduction. S’ensuivra l’atterrissage de la femelle qui, après s’être débarrassée de ses ailes, va trouver un endroit sûr pour se réfugier pendant au moins un mois. C’est durant ce laps de temps qu’il y aura ponte des premiers œufs et naissance des premières fourmis. Ces dernières constitueront une fondation qui continuera de générer un certain nombre de nouvelles fourmis. Celle-ci se transformera, au fil des naissances, en une colonie qui sera, à son tour, à l’origine de la production des ailées qui elles-mêmes passeront par la phase de la reproduction.

Le pillage est à éviter

Si vous vous voulez vous lancer dans l’élevage de fourmis pour les observer ou bien pour le simple plaisir d’en prendre soin chez vous, vous devrez éviter d’en piller une colonie. Autrement dit, vous devrez abandonner toute idée de récupération d’une colonie déjà fondée pour répondre à vos besoins d’en élever. Le mieux est ainsi d’acheter fourmis auprès d’une boutique spécialisée. On va vous expliquer pourquoi.

Le fonctionnement d’une colonie se fait à la manière d’un individu. Les fourmis isolées ne disposent ainsi d’aucune identité et d’aucune vie. Le pillage aura cependant pour effet la séparation de la majorité des ouvrières de leur gyne. Une bonne partie d’entre elles ont pour rôle de s’occuper du couvain. Leurs raisons d’être disparaissent donc quand il n’y a ni gyne ni couvain. Mais qu’en est-il de la gyne et des ouvrières récupérées ? Celles-ci auront des difficultés à se remettre de la perte de la majorité des membres de leur colonie, et peuvent même mourir à petit feu.

Enfin, si on y recourt en masse, le pillage peut être à l’origine d’un dérèglement de l’écosystème. Les fourmis jouent en effet un rôle de premier plan pour la préservation de l’équilibre de ce dernier. Cela est dû notamment aux contributions des fourmis à l’aération des sols, au débarrassage des cadavres d’insectes et à la pollinisation.

La récupération d’une gyne comme seule solution

Faut-il donc abandonner l’idée de récupérer soi-même ses fourmis dans la nature ? La réponse est non, car il existe une solution permettant de préserver la colonie tout en maintenant la contribution des fourmis au maintien de l’équilibre de l’écosystème. Il s’agit de la récupération de la gyne lors de l’essaimage. En effet, seules 10% des gynes trouvent de la réussite lors de la fondation. Vous pourrez ainsi puiser dans les 90% restants sans risquer de faire du tort à l’environnement. Une seule peut même suffire largement pour avoir de quoi former une colonie. Pour cette récupération, vous devrez prévoir un ou plusieurs tubes à essai remplis à moitié d’eau pour accueillir votre ou vos gyne.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici