Commentaires du Standard de Travail
 de l’English Springer Spaniel

Le nombre des inscriptions au LOF arrivant à plus de mille sujets par an serait très encourageant s’il ne fallait craindre que des éleveurs trop "commerciaux" ne viennent ruiner ce qui a été réalisé avec enthousiasme et beaucoup d'efforts par des amateurs passionnés.

La diffusion du springer anglais sur le continent est l’œuvre de gens qui écrivent peu mais chassent beaucoup.

Il est temps de fixer les critères de jugements en fields qui se résument en trois parties :

  1. Le Dressage
  2. La Quête
  3. Le Style

1.LE DRESSAGE

Les critères de jugement ne peuvent être dissociés du dressage, ils vont de pair et révèlent les traditions d'un peuple et aussi ses mentalités.

Les critères de jugement sont toujours conditionnés par la densité et la qualité du gibier.

Comparons les critères anglais aux critères appliqués sur le continent:

En Angleterre, la quête doit être serrée en profondeur, très méthodique, laissant peu de place à l'initiative.

L'English Springer Spaniel doit ratisser son terrain, forcer le gibier qu'il rencontre et savoir refuser le plaisir d'un pistage, d'une occasion qui se dérobe devant lui.

La régularité de la quête ne doit pas être troublée pour travailler un gibier sur un terrain voisin; la raison est simple: il est inutile d'aller chercher au loin ce qui peut être tout près.. l'abondance du gibier est telle qu'il ne faut pas s'entêter à rechercher une pièce déterminée - cela déséquilibrerait le déroulement de la chasse où sont présents plusieurs fusils qui seraient mis hors jeu s'il fallait servir le chien qui traverse toute le ligne.

Le bon contrôle du chien a une grande importance, supérieure à ses initiatives, "ORDRE ET BON DEROULEMENT" du jeu d'équipe priment l'initiative personnelle.

Sur le continent tout est différent pour 3 raisons:

  1. Le gibier est peu abondant et on ne se permet pas de délaisser une indication utile.
  2. Aucun cynophile d'école continentale ne saurait renoncer au plaisir même esthétique d'un beau point.
  3. Sur le continent, le terrain et le biotope sont généralement plus irrégulier qu'en Angleterre et ne permettent pas le déroulement d'une journée de chasse rytmée aux parcours bien définis.

Mais c'est la première raison qui nous différencie le plus et le fait que nous apprécions beaucoup un chien expérimenté qui, de lui même jugera du travail à effectuer en fonction du terrain où il se trouvera.

Il est certain que les races canine subissent l'influence du pays d'origine, mais aussi des méthodes et interprétations dans l'ambiance et la culture du pays où elles sont élevées.

Ceci est clair lors des concours où les juges de différentes nationalités se rencontrent.

Les divergences d'opinion des juges sont toujours liées au dressage et sur ce point les Anglais sont beaucoup plus stricts que les continentaux.

Le niveau de dressage anglais est si élevé qu'à nos yeux il ne se justifie guère et nous semble excessif, vu son utilité à la chasse; mais il faut tenir compte qu'en Angleterre la chasse est un phénomène social où le rôle du chien est d'abord de permettre à l'homme une bonne journée sportive.

Par sa seule présence, le chien incite à la chasse; ceci est une évidence qui mérite aujourd'hui d'y réfléchir car en Europe la dégradation des conditions de chasse et leur pauvreté ont bouleversé ces données. Bien souvent, le travail du chien, ses techniques, son intérêt, le plaisir et l'amusement qu'ils procurent sont devenus le but d'une journée de chasse.

Chez les Spaniels le dressage est si déterminant qu'il a forgé tous les caractères psychiques de la race, caractères devenus typiques.

Le mode de chasse actuel, le plus souvent en groupe, nécessite un dressage complexe et sophistiqué pour celui qui respecte son entourage.

Le niveau toujours plus élevé lors des conccours joue nettement dans la poursuite de sélection de chiens malléables plus facile à dresser en écartant les sujets durs à trop forte personnalité difficiles à discipliner et gâchant des parties de chasse.

Les exigences deviennent plus élevées, le dressage plus sophistiqué à mesure que les qualités naturelles se développent chez un nombre toujours plus grand d'individus. Le niveau de dressage est plus souvent déterminant pour le succès en concours.

Conséquences: aux qualités naturelles du chien l'éleveur sélectionnera docilité et souplesse.

Un aspect fascinant de l'élevage du Spaniel est d'obtenir des sijets réunissant à des degrés divers et quelquefois conradicoires des caractéristiques qui en font une mécanique animale perfecionnée et complexe où domine l'équilibre psychique et la sureté des freins inhibiteurs.

Le chien doit freiner ses pulsions sans effor apparent.

Critères de jugements: Le spaniel est un chien dressé qui doit sembler facile; il est gai, attentif, maniable, très docile avec son maître avec lequel il communique du regard.

Quelque fois sur le continent on n'apprécie guère les chiens faciles.

Les juges par inexpérience ne savent pas le long travail réalisé pour y parvenir.

Les juges continentaux ont raison d'estimer les chiens de grand caractère sachant se rendre utiles concrètement mais ils devraient attacher plus d'importance à un chien mené sobrement du geste et de la voix -les hrlements, les gesticuletions et les rétorsions sont inacceptables-.

Le but d'un concours ne doit pas être d'exhiber le niveau de dressage du chien mais ce dressage doit rester un moyen de mieux utiliser les capacités de l'animal.

Donc l'objectif des concours est de mettre en évidence les dons naturels exaltés par un dressage qui apparemment doit sembler léger.


2. DE LA QUETE

Peu d'observations à ce sujet selon les critères de nos juges:

A l'inverse un terain peu couvert incite le chien et le maître à accélérer l'allure et ceci peut nuire à l'action.

Sur un terrain peu couvert on apprécie quelquefois un chien expérimenté qui signale et manifeste le passage du gibier, toutefois sachant que le gibier n'est plus présent;, le chien continue son travail sans entamer un pistage inutile.

Il faut faire attention de ne jamais s'éloigner des réalités de la chasse et, par concessions successives de ce qui est par essence le but de nos spaniels.


3. DU STYLE

Le style ne se manifeste pas seulement dans le mouvement mais souvent dans les attitudes. Je pense en particulier au désir du springer de communiquer ouvertement par le regard, interrogeant son maître dans l'attente de recevoir ses ordres. C'est aussi la collaboration, l'association avec le maître. Cette caractéristique est presque exclusive du chien chien dressé ou bien des sujets qui, avec l'âge et l'expérience, sont arrivés aux mêmes résultats.

Il est évident que le maître, par le dressage, est devenu le centre d'intérêt du chien.

Typique est l'English Springer qui effectue la position "assis" qui n'est pas un acte passif ni de renoncement mais qui, dans un moment où toute action lui est interdite, le chien est tendu, le regard allumé, espérant ainsi s'assurer au moins de visu la direction et la nature du gibier.

C'est une attitude caractéristique du Springer qui se développe par dressage.

n chien stylé a un comportement global et une attitude psychique spécifique à la race et si du point de vue "chasse" le style n'est qu'un don complémentaire, au point de vue "travail" il ne joue que pour signaler des individus typiques.

Au style doit correspondre action concrète et rendement.

En leur absence même le style le plus raffiné n'est guère intéressant, on observe des individus ayant un excès de style et de maigres résultats. Ils sont décadents parmi les chiens comme chez les hommes, un raffinement excessif, une "classe" trop poussée signent la décadence.

L'English Springer de grand style doit inciter les juges à une appériciation favorable qui toutefois sera considérée en profondeur sans se contenter des impressions reçues.

L'English Springer Spaniel n'a jamais un galop allongé mais ramassé avec des tempos rapides souvent discontinus, toujours prêt à un changement de direction selon le terrain et les stimulis olfactifs qu'il reçoit.

Toutes les phases de l'action sont accompagnés de mouvements intenses du fouet, jamais relevé au dessus de la ligne de dos.

L'allure est joyeuse, sans être systématiquement redressée au galop.

L'English Springer doit affronter les ronciers avec fougue, mais une bonne exploration ne devra jamais être pratiquée seulement par grands sauts au dessus du roncier.

Chez le Springer, au style doit s'ajouter la puissance dans l'action.

Typiquement, le Spaniel entrant en action flèchit légèrement le cou tendu au maximum sur la piste laissée par le gibier, les postérieurs ramassés sous lui dans l'élan, avec des bonds rapides et quelquefois irréguliers. Il ne se détend jamais complètement, ce qui lui permet de nouveaux bonds dans des directions différentes; le fouet raide et abaissé a un vif mouvement pendulaure. Quelquefois le train ramassé sous lui dans l'élan, avec des bonds rapides et quelquefois irééguliers. Parfois le train postérieur est si fortement en mouvement qu'il se tourne légèrement de coté.

En chassant l'English Springer a une allure souple rasant le sol. Cette façon rasante n'est pas due à des causes anatomiques, mais seulement parce qu'en action il fléchit jusqu'à devenir rampant.

La vitesse n'a pas une grande importance, seule l'action doit être vive et rapide.

Passion et avidité, eux, jouent un rôle déterminant.

Nez, souplesse, initiative, contact, passion, vivacité et gaieté sont les qualités des English Springers Spaniels.


D'après Yvette CHAVERNAC Juin 1997

English Springer (G Stubbs)



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